On les trouve au rayon alimentation pour enfants : des snacks ludiques en forme de petits fantômes souriants, de dinosaures mignons ou de donuts croustillants à souhait. Leur but : rendre accro aux biscuits apéro dès le plus jeune âge… Les industriels savent y faire et ce n’est pas sans conséquences sur la santé !
Des petits fantômes qui hypnotisent
Mathilde Touvier est directrice de recherche en nutrition et cofondatrice du Nutri-score. Elle s’inquiète de l’attraction de ces produits riches en sel, en graisse et même parfois trop généreux en sucre, comme les chips de légumes, qui plaisent tant aux plus jeunes. A ses yeux, une consommation régulière peut rapidement devenir très problématique.
On sait vraiment que les habitudes qui sont prises tôt en matière d'éducation au goût, en matière d'habitude alimentaire, on a du mal à s'en défaire plus tard. Donc pour les enfants et surtout pour des bébés, au quotidien, ce n'est pas très bien de les habituer à consommer ces produits.
Elle souligne notamment la qualité nutritionnelle particulièrement faible des frites de légumes pour bébés aux emballages si attrayant. Ces amuse-gueules donneraient l’impression totalement fausse de consommer de savoureux légumes.
" Quand on regarde la composition, en fait, ce ne sont que des légumes en poudre. Fécule de pommes de terre, de l'huile, des tomates en poudre, des betteraves en poudre. Donc, ce ne sont pas de vrais aliments qu'on leur fait consommer, alors qu'en terme de couleurs, de textures, ce serait beaucoup plus intéressant et meilleur pour la santé de leur faire découvrir ces fameux légumes réels, plutôt que de les mettre en poudre dans des faux aliments. "
Des petits fantômes ultra-transformés
Le cheval de bataille de la chercheuse, ce sont les aliments ultra-transformés et leur impact sur la santé. Elle analyse la composition de chips en forme de petits fantômes et son constat est édifiant. Elle y découvre des mono diglycérides d'acide gras (E471), un émulsifiant couramment utilisé pour améliorer la texture et la conservation du produit. Aujourd’hui, même si les preuves sont encore à consolider, cette substance est décriée par la communauté scientifique. Elle est associée à plusieurs problèmes de santé comme certains cancers ou diabète de type 2.
La nutritionniste met également le doigt sur la présence de plusieurs marqueurs d'ultra-transformation, comme des huiles hydrogénées. Ce sont des acides gras trans, ces composés toxiques que l'OMS recommande d’ailleurs de limiter ou d’interdire dans l’ensemble des aliments car ils augmentent les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité.
Des petits fantômes oui mais avec parcimonie
Mathilde Touvier précise bien évidemment qu’un apéritif fait de petits fantômes croustillants gras et salés de temps en temps ne va pas entraîner tout de suite une maladie cardiovasculaire ou un cancer.
En revanche, si on a cette pratique-là au quotidien, des apéritifs un peu tous les jours ou des quantités trop importantes de ces produits-là au quotidien, on crée de mauvaises habitudes alimentaires qui vont conduire à ces pathologies.
Sans compter qu’une exposition fréquente à des biscuits apéritifs ou à d’autres denrées très grasses et très salées peut conditionner notre cerveau à la mise en place d'un plaisir qui soit directement associé à ces aliments et nous rende profondément addicts.
Une sale habitude, vraie bombe à retardement pour la santé, qu’il vaudrait mieux éviter d’installer chez les plus jeunes participants à nos apéros familiaux...
Source: 12/05/2026 - Investigation - https://www.rtbf.be/article/vos-enfants-cibles-par-les-industriels-de-l-apero-des-le-berceau-11719972
