Quels sont les dangers et comment s'en protéger ?
Avec la fin de l'hiver, les chenilles processionnaires, ces insectes urticants présents dans 80% des départements français, descendent le long des troncs d'arbre pour entamer leur mue.
Voici les principaux dangers et des conseils pour s'en protéger.
Vous avez peut-être repéré ces gros cocons blancs dans les branches des pins. Ce sont des nids de chenilles processionnaires, des larves urticantes, dont certaines ont commencé leur procession dès le milieu de l'hiver. Cette sortie précoce s’explique par la douceur des températures dans certains départements du sud de la France en janvier.
Lorsque l’hiver est clément, qu’il ne gèle pas la nuit, qu’il ne pleut pas beaucoup et que le thermomètre affiche dix degrés ou plus en journée, ces indicateurs peuvent lancer le signal d’une sortie anticipée aux chenilles. Elles commencent alors à descendre le long du tronc des arbres en file indienne dans les parcs, jardins et forêts, pour aller s’enterrer dans le sol et entamer leur mue de futur papillon.
Plus de 80% des départements français concernés
Originaires initialement du pourtour de la Méditerranée, les chenilles processionnaires se déplacent vers le nord de la France au rythme de quatre kilomètres par an environ, en raison du changement climatique et de la montée des températures moyennes. Elles sont désormais présentes dans plus de 80% des départements français.
Les chenilles processionnaires du pin, qui quittent habituellement leur cocon en février-mars, sont reconnaissables par leur couleur brun orangé. Mais il existe aussi des chenilles processionnaires du chêne qui, elles, sont grises et sortent plutôt en avril.
Des poils urticants dangereux pour la santé
Si leur procession fascine, leur danger est bien réel. Les chenilles processionnaires du pin étant officiellement classées comme nuisibles pour la santé humaine, il est important de sensibiliser la population à ses risques. Les poils urticants que l’on retrouve sur les chenilles, même mortes, dans les nids, même vides, et dans les sites d’enfouissement peuvent provoquer diverses réactions : irritations des voies respiratoires, éruptions avec démangeaisons, conjonctivites, inflammation des muqueuses (la langue par exemple).
Ces chenilles sont également très dangereuses pour les animaux, les chiens et les chats notamment, qui ne doivent surtout pas les ingérer, au risque de subir les mêmes symptômes que pour les humains. Les poils sont très volatils et peuvent facilement s'accrocher sur les vêtements ou cheveux et sur les poils des animaux, tout en gardant leur potentiel urticant, et ce même durant plusieurs années.
Que faire en cas de contact ?
En cas de contact avec des poils urticants, "le premier geste à faire est de se tremper dans de l’eau, un bain chaud de préférence, car l’eau chaude ramollit les poils et dilue le venin, qui est hydrosoluble. Cette précaution permet au moins de diminuer les effets délétères. Ne vous avisez pas de balayer ces processions pour mettre les chenilles dans un sac et les jeter ! Vous seriez tout de suite inondés par un nuage de poils. Si vous en avez la possibilité, arrosez les insectes avec de l’eau, cela collera les poils urticants au sol, et poussez les chenilles dans une bouche d’égout ou d’eaux pluviales, car les chenilles ont cette particularité de toujours descendre. Elles ne pourront pas remonter et finiront noyées."
Comment se protéger ?
L’éradication totale est impossible, mais les autorités sanitaires recommandent de détruire localement les nids. Ces derniers, souvent situés à la cime des pins, ont la taille d’un melon et une texture soyeuse grisâtre. "Coupez la branche portant le nid, à environ deux mètres en dessous, tout en veillant à ne pas disperser les chenilles ou leurs poils urticants. Placez-la immédiatement dans une brouette et brûlez-la". Il est également possible de recourir à une entreprise spécialisée ou de prévenir la municipalité si le nid se trouve dans un espace public.
Installer des anneaux en plastique qui piègent les chenilles autour des troncs quand elles descendent est aussi une option. L’hiver est le bon moment pour poser ces pièges. Enfin, une technique naturelle est jugée de plus en plus efficace : favoriser la présence de prédateurs comme les mésanges ou les chauves-souris en installant des nichoirs à proximité. Un couple de mésanges bleues est en effet capable de consommer jusqu’à 500 larves de chenilles par jour, pour nourrir ses petits au printemps.
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